read online Textbooks Des hommes ordinaires : Le 101e bataillon de réserve de la police allemande et la Solution finale en PologneAuthor Christopher Browning – Carcier.co

Extrait de l avant propos de Pierre Vidal Naquet LE PREMIER CERCLE EST LE DERNIER Pour Daniel Cordier Pourquoi ce livre, journal de marche , en quelque sorte, d une unit de la police r guli re allemande, entre l t deet l automne de , mais journal de marche reconstruit, analys , interpr t par un historien de m tier, est il un grand livre Pourquoi est il indispensable de le lire, dans la belle traduction qu en a donn e lie Barnavi Ne nous tonnons pas qu il ait quelque chose d essentiel nous apprendre sur le g nocide hitl rien, et ceci plus d un demi si cle apr s les faits Tout historien le sait l histoire, par d finition, n est jamais achev e apparition de nouveaux documents ou, comme on dit, de nouveaux probl mes, le renouvellement est constant et se trouve li ce qu on appellera, apr s Raymond Aron, la libre d cision, le choix de l historien Mais, si les choix sont individuels, ils se consti tuent en ensembles sous le regard de l historien qui, son tour, en fait un objet d tude Si l histoire de la Shoah se veut, comme il est normal, la fois compr hension et reconstitution sinon r surrection, la fa on de Michelet de ce pass encore proche, on peut, me semble t il, symboliser par trois noms et trois oeuvres majeures l effort qui a t accompli jusqu pr sent pour p n trer dans cet univers Le premier nom est celui de Raul Hilberg, qui le pr sent ouvrage est d di La premi re version de son oeuvre majeure, La Destruction des Juifs d Europe, a t publi e enaux tats Unis Hilberg a essay de comprendre, donc de mettre en ordre et en s ries, de constituer une logique narrative D o les tapes qu il distingue dans la politique juive du Reich hitl rien celle de la d finition qui est Juif , qui sera compl t e par le marquage l toile , celle de l expropriation, celle de la concentration dans les ghettos , celle enfin de la d portation, qui conduit les victimes vers les centres de mise mort, tant t ayant cette unique fonction Treblinka , tant t voisinant avec des usines et des camps de concentration plus classiques, si j ose dire Majdanek, Auschwitz Beaucoup plus que sur les t moignages individuels, qui ne sont pourtant pas absents de son livre, Hilberg s est fond sur des documents administratifs Il ne faudrait gu re le pousser pour lui faire dire que les chemins de fer, tous ces convois qui, par le rail, convergeraient vers ce qu un SS appelait l anus mundi, ont t le principal instrument de la d portation qui d bouchait sur le meurtre de masse dans les chambres gazA l aube dujuillet , les hommes du e bataillon de r serve de la police allemande entrent dans le village polonais de Jozefow Au soir, ils ont arr t Juifshommes sont s lectionn s pour le travail, les autres, femmes, enfants et vieillards, sont abattus bout portant Les quelquepoliciers de r serve du e bataillon n avaient rien de nazis militants ou de racistes fanatiques Ces hommes ordinaires ont eu, plusieurs reprises, l occasion de s abstenir Ils ont, dans leur immense majorit , pr f r ob ir, faisant en seize mois plus de victimes, assassin es sur le champ ou d port es vers Treblinka Analysant les t moignages deanciens du bataillon, Christopher Browning retrace leur parcours, analyse leurs actions et leurs motivations, dans un des livres les plus forts jamais crits sur la Shoah et sur l ordinaire aptitude de l homme une extraordinaire inhumanit Christopher Browning est professeur d histoire l uni versit de Caroline du Nord, Chapel Hill Sp cialiste mondialement reconnu de la Shoah, il a galement publi Politique nazie, main d oeuvre juive, bourreaux allemands Les Belles Lettres,


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